Agir dans la lutte des classes avec les Gilets Jaunes

Contribution au débat des élu.e.s pfT et PfY pour le CPN du 18 janvier 2019

 

Agir dans la lutte des classes avec les Gilets Jaunes

 

Un situation nouvelle

Le mouvement des Gilets Jaunes a bousculé et percuté les organisations historiques du mouvement ouvrier, y compris nous. Peu d’entre elles ont réussi à comprendre ce qu’il se passait et les confédérations syndicales – a l’exception de Solidaires qui l’a fait tardivement – sont celles qui, depuis le début, n’ont cessé de considérer avec mépris ce mouvement, tout en cherchant le moindre prétexte pour justifier leur mutisme et leur condamnations, et ce malgré des pressions de plus en plus fortes a la base, particulièrement dans la CGT.

Pourtant, ce qui pouvait apparaître comme un phénomène furtif a finalement mis au grand jour en premier lieu avant tout la disponibilité à la lutte de secteurs de la classe ouvrière, d’habitude peu mobilisés. Aussi ce mouvement ouvre  une nouvelle séquence dans la lutte de classes dans laquelle la question de la révolution peut se poser à une échelle de masse. Quoique dominant en termes sociologique dans la mobilisation, le prolétariat n’y est pas  hégémonique, car il ne possède pas encore de politique propre, ce qui supposerait une direction de classe et au fond révolutionnaire. La petite-bourgeoisie et le populisme de droite comme de gauche contribuent à donner à la lutte son caractère spécifique. Mais le poids sociologiquement dominant du prolétariat tend à imprimer une dynamique favorable à l’intervention et à l’insertion des forces révolutionnaires capables de percevoir et de développer les éléments révolutionnaires de cette spontanéité prolétarienne.

 

Il s’agit donc d’un secteur peu organisé, avec énormément d’a priori sur les organisations politiques et syndicales, qui se mobilise, qui occupe des ronds points, des centres commerciaux, des péages, etc. Les lieux de conflictualité, notamment avec le gouvernement, sont nombreux, mais ne parviennent pas à rejoindre  les lieux de travail, là où le mouvement ouvrier organisé a l’habitude de militer. Les directions syndicales portent une lourde responsabilité. La déconnexion est profonde, mais la reconnexion est inévitable si on veut  infliger une défaite historique au gouvernement et au patronat.

Autre fait plutôt nouveau : en faisant l’expérience d’une répression policière sans précédent, l’émeute semble occuper une place particulière dans le répertoire d’actions collectives mobilisé par les Gilets Jaunes, au-delà de l’occupation de lieux. Les affrontements avec la police se sont produits partout dans le pays et loin d’être uniquement ni majoritairement le fait des groupes habituels d’extrême gauche ou d’extrême droite. Pour un certain nombre de gilets jaunes la violence – considérée ici comme de l’auto-défense populaire – contre la répression policière a été spontanée sinon nécessaire, et l’évolution dans la compréhension du rôle de la police a été impressionnante.

Malgré cette répression policière et judiciaire, les miettes distribuées par le gouvernement et le matraquage médiatique visant à démonter ce mouvement, celui-ci étonne par sa résistance et sa force. Cependant, il ne s’agit pas de repeindre tout en rouge vif : si la mobilisation ne diminue pas et que nous pouvons la voir reprendre un second souffle, elle n’est pas encore  massive. Tout un large pan du prolétariat organisé n’est pas encore passé à l’action, même s’il peut regarder avec sympathie le mouvement en cours.

Ce passage à l’auto-activité politique est en lui-même extrêmement positif, quand bien même il s’accompagne inévitablement de façon initiale d’une part de confusion et d’indétermination, ouvrant des possibilités d’évolution à l’extrême gauche mais aussi à l’extrême droite.

Cette auto-activité a permis une évolution rapide de la conscience sur plein d’éléments, mais principalement : 1) Prendre en main son propre destin et ne pas faire confiance aux politicien•ne•s professionnel•le•s et aux médias. La proposition du RIC – avec toutes ses limites que l’on doit expliquer – essaye de répondre à l’aspiration à une organisation plus démocratique. 2) Des éléments de rupture avec l’ordre républicain, le pacifisme ou le légalisme syndical. 3) Une mise en avant de la question des femmes, même si pas encore de la question féministe, ce qu’on doit bien sûr encourager.

Aujourd’hui devoir déclarer une manifestation paraît absurde à une grande partie des Gilets Jaunes et s’affronter à la police ou attaquer des locaux de l’État (Préfectures, bureau de Benjamin Griveaux…) n’est pas considéré comme un acte répréhensible. Cependant ces éléments ne dépassent pas la perspective réformiste.

Malgré cela, la dynamique reste favorable à l’intervention et à l’insertion des forces révolutionnaires capables de percevoir et de développer les éléments révolutionnaires de cette spontanéité des travailleurs et travailleuses.

Le fait que des fachos ont été sortis de manifs par plus de manifestant.e.s que les simples militant.e.s antifascistes, les liens qui commencent à se construire avec les luttes des migrant.e.s comme à Caen (où l’AG des Gilets Jaunes a été accueillie dans le squat des réfugié.e.s, et lors de l’action de blocage du port de Ouistreham où des GJ ont aidé des migrant.e.s à monter dans des camions pour l’Angleterre), le fait que des cahiers de doléances ouverts en mairie n’expriment que peu le refus de l’immigration en sont des indicateurs favorables également. S’il ne faut pas sous-estimer le fait que des dénonciations de migrant.e.s à la police qui ont eu lieu à Flixecourt ou que des propos contre le « Pacte de Marrakech » sont entendus sur les ronds-points, il ne faut pas non plus les surestimer.

Ce qui peut ainsi rendre possible l’intervention des révolutionnaires dans ce mouvement, c’est le poids sociologiquement dominant du prolétariat et les difficultés pour l’extrême droite de diriger le mouvement dans l’état actuel – c’est-à-dire sans qu’une défaite de celui-ci permette un changement de la situation.

Beaucoup d’éléments sont là pour conclure à une crise d’hégémonie, non pas de la bourgeoisie en tant que classe mais de la bourgeoisie dans ses relais politiques, dans ses relais institutionnels  : les relais de l’État (maires , préfet·e·s, député·e·s, sénateurs/trices, et police) ont perdu une partie de la confiance de la population et des exploité·e·s. La focalisation de la colère contre Macron illustre un rejet total de la personne mais aussi un rejet partiel de la fonction. Cette crise profonde tiens aussi a la responsabilité de Macron : dans son esprit « ni de gauche ni de droite » et donc par son entreprise de liquidation des corps intermédiaires que sont les syndicats et les partis traditionnels, capables d’encadrer le territoire par un maillage serré, Macron à affaiblit la capacité de l’Exécutif d’une gouvernance par la pacification. Avec peu de relais, avec peu d’expériences politiques et peu d’assises locales (les fameux « fiefs » de l’UMP ou du PS), il est très difficile pour l’Exécutif de privilégier les espaces de médiations à la répression. Paniquée par ce mouvement, la bourgeoisie fait cependant toujours bloc derrière Macron et ne perds pas encore l’initiative politique, comme nous pouvons le constater avec le « Grand Débat ».  La crise a donc des limites bien que des éléments extrêmement positifs apparaissent au fil des semaines.

 

Développer les mobilisations  et  porter les conflits dans le monde du travail.

 

Des mouvements sectoriels existent aussi. Dans l’Education nationale, les Stylos Rouges ont décidé d’interpeller le ministre Blanquer sur leurs conditions de travail mais aussi sur leur pouvoir d’achat. D’autres ont créé des collectifs contre les réformes Blanquer et Parcoursup pour permettre une expression et une organisation des mouvements depuis la base, en proposant aux syndicats de s’associer mais sans se subordonner à leur stratégie.

Les salarié·e·s de l’Education nationale, comme dans  de nombreux   secteurs, n’ont pas ou peu de perspectives politiques  et sont découragé·e·s du syndicalisme (en grande partie à cause du syndicalisme de co-gestion)   Associé à une intervention pour que les droits des lycéens à s’organiser et à manifester soient respectés, il faut développer les initiatives nécessaires à la préparation d’une grève reconductible avec la création de caisses de grèves pour les personnels précaires et la tenue d’Assemblée générale soumettant ces propositions au vote.

Si la réforme du lycée n’est pas mise en échec, l’Education nationale subira le plus grand plan social qui n’y ait jamais été mené. Si le projet de loi « pour l’école de la confiance » passe, les enseignant.e.s seront soumis.e.s au devoir de réserve et ne pourront plus critiquer leurs conditions de travail ou dénoncer le rôle d’acteur du tri social qui leur incombera, sans risquer de se faire révoquer. Le tri social atteint la xénophobie d’Etat avec l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étrangers qui n’est par ailleurs qu’une étape avant l’augmentation des frais pour toute.s.

Par rapport aux discriminations et aux autres problèmes de l’Enseignement supérieur, des initiatives de tenue d’AG, avec des gilets jaunes, doivent être développées.

Sur les facs, il faut tenter d’appeler à des AG sur la mobilisation Gilets Jaunes en faisant le lien quand c’est pertinent avec la mobilisation contre l’augmentation des frais d’inscription qui avait commencé avant les vacances de Noël et avaient eu de bons résultats dans certaines facs.

D’autres secteurs se mobilisent aussi comme les hospitalier/res avec les blouses blanches contre les coupes budgétaires qui assèchent complètement les établissements, forcent les fermetures de services et de sites. Des luttes locales se développent en réaction à celles-ci, comme celle de la Maternité du Blanc, dans l’Indre.

 

Chez les intermittent·e·s aussi avec des luttes sectorielles et en soutien au mouvement des GJ.

Bientôt dans le secteur privé va s’ouvrir les Négociations Annuelles Obligatoires dont nombre de structures syndicales ont annoncé vouloir s’emparer par la grève pour arracher des augmentations de salaires. Cela vient après les premiers débrayages pour toucher la « prime exceptionnelle » annoncée par Macron, chez Amazon notamment.

 

Le mouvement féministe connaît une renaissance importante depuis « Me Too » avec une mobilisation importante contre les violences sexistes. Le 24 novembre en a témoigné avec une journée particulièrement réussie du côté féministe, même s’il n’a pas vu la convergence avec les gilets jaunes. Néanmoins, on retrouve dans les femmes gilets jaunes certaines féministes qui avaient participé au 24 novembre. Il faut creuser ce lien alors que le 8 mars va arriver rapidement.

 

Bref, des luttes, il y en a, et certaines d’entre elles sont «pro gilets jaunes». La difficulté réside dans les possibilités de convergence. Si les soutiens sont importants, cela ne doit pas s’arrêter là. Pour qu’une réelle convergence puisse voir le jour, il faut à la fois agir avec et dans les gilets jaunes, sur les ronds points, les centre commerciaux, etc. y porter nos idées, avec la nécessité de faire des lieux de travail les lieux centraux de conflictualité. Pour cela, il faut partir des revendications sur le pouvoir d’achat pour en arriver à la question des salaires et du patronat. Il faut aussi développer des mouvements de grèves, car c’est par ce moyen qu’on pourra bloquer réellement le pays et infliger une défaite à Macron. Lorsque le mouvement et la crise sont nationaux, des grèves même minoritaires localement peuvent tenir dans un premier temps, c’est donc le moment où jamais d’être volontariste. Ces deux aspects peuvent se nourrir l’un l’autre pour construire un mouvement réellement massif de contestation du pouvoir.

Les femmes Gilets Jaunes

Dès le départ, une des particularités remarquées du mouvement des Gilets Jaunes a été son extrême féminisation. Cela tient en partie au fait qu’il a émergé hors des représentations traditionnelles du mouvement ouvrier, où les femmes demeurent encore largement invisibilisées. Cela confirme que lorsqu’une mobilisation importante émerge, les femmes sont à l’avant-garde de la lutte, comme dans toutes les révolutions (de 1789 à 1917). Ce qui est remarquable dans les gilets jaunes, c’est que si elles ne développent pas encore une conscience féministe, elles ont pourtant une conscience claire de leurs particularités, tant dans la mobilisation que dans leur positionnement social (mère seule, femme au foyer, temps partiel imposé, infériorité des salaires, emploi massif dans les secteurs les plus précaires de l’économie…). C’est pourquoi elles ont elles-mêmes organisé (car cette initiative ne vient pas du milieu militant) des cortèges femmes gilets jaunes dans les manifestations du samedi, et même des manifestations en propre femmes gilets jaunes les dimanche (6 et 20 janvier pour la RP). Nous devons profiter de cette fenêtre de tir pour développer nos mots d’ordre féministes, à la fois dans le domaine de l’emploi, mais aussi en faisant le lien avec la mobilisation féministe contre les violences sexistes.

Le rôle particulier du NPA

Samedi 12 janvier, le NPA a été la seule organisation de la gauche politique et syndicale à apparaître et former un cortège au cœur des manifestations, à Paris comme à Bourges, drapeaux déployés. Il faut s’en féliciter. Mais nous pouvons  faire bien plus !

 

Faire renaître une conscience de classe

Même si les réalités locales du NPA sont très différentes, force est de constater qu’à différents endroits – notamment en région parisienne –  l’intervention de notre parti s’est limitée souvent à un soutien symbolique, en participant aux manifestations des Gilets Jaunes ou en allant voir les ronds-points occupés. Bien sûr, le soutien d’ordre symbolique est important, mais force est de constater que les manifestations réprimées sur les Champs-Elysées ne sont pas le meilleur moment pour parler de politique ! Il faut donc passer à la vitesse supérieure et intervenir activement dans le mouvement. Partout où on intervient, il faut être à l’offensive dans les discussions pour travailler à faire renaître une conscience de classe : poser la nécessité de la grève, poser la question du pouvoir. Cette conscience de classe, nous devons en outre la conjuguer avec le développement d’une conscience féministe et antiraciste.

 

Bataille dans les syndicats et interpellation des directions

De plus en plus de gilets jaunes cherchent d’une façon ou d’une autre à passer à une vitesse supérieure. Et un des leviers majeurs à actionner, c’est la grève, qui permettrait une participation plus massive de salarié·e·s, avec une mobilisation plus intense tous les jours de la semaine, et qui ferait trembler la classe dirigeante en menaçant ses profits.

Déjà le 17 décembre 2018, une plate-forme de revendications commune a été mise en place entre les Gilets Jaunes « Fachés pas fachos » et l’UD-CGT 84. D’autres contacts avaient déjà été entrepris avant les fêtes, notamment à Perpignan et Orléans entre GJ et CGT. Depuis le début de l’année, la tendance s’est accentuée. Ainsi, près de 400 gilets jaunes se sont réunis le 5 janvier à Lille pour lancer un appel aux organisations syndicales, qui dit exactement cela. Cet appel a directement été repris par des gilets jaunes de Montpellier 5 jours plus tard, et une discussion franche a eu lieu avec des responsables de la CGT et de la FSU. Le 10 janvier toujours, des gilets jaunes ont aussi rencontré les syndicats à la Bourse du travail de Toulouse. À chaque fois, cela débouche au moins sur des propositions d’actions communes : des syndicalistes iront aux AG de gilets jaunes, les gilets jaunes seront invités aux échéances syndicales…

Ces initiatives se sont souvent réalisées grâce à des camarades du NPA présents localement. Notre parti peut aider à cette jonction des deux mondes en coordonnant ces expériences et en accentuant ses efforts dans cette direction. De par ses militant·e·s syndiqué.e.s tout d’abord. Nous sommes pour beaucoup d’entre nous des syndicalistes, et dans beaucoup de nos syndicats, la colère est là aussi. La colère contre nos conditions de vies tout d’abord, mais de plus en plus contre la déconnexion des directions confédérales (le communiqué intersyndical du 6 décembre condamnant la violence des manifestant·e·s a usé beaucoup de claviers). Nous devons tout faire pour accentuer cette crise, et faire pression sur les directions des syndicats, fédérations et confédérations. Des communiqués comme celui du SNJ-CGT sont de bons outils qu’il nous faut développer de l’intérieur de nos syndicats.

Ensuite, en tant que parti, nos portes paroles doivent dénoncer le traitement du mouvement des Gilets Jaunes par les directions confédérales. En braquant les projecteurs sur les dirigeants CGT/FSU/Solidaires, en montrant le potentiel d’un blocage de l’économie, nous pourrions les pousser à aller plus loin qu’ils ne le voudraient. Il suffit de voir comment la CFDT et le FSU se vautrent dans le « grand débat » lancé par le pouvoir. Il faut absolument exiger des directions syndicales qu’elles rompent avec le dialogue social et qu’elles préparent et appellent à la grève générale et au blocage de l’économie.

C’est pour cela qu’il faut relayer ces appels très positifs qui émanent de plusieurs villes et les prises de positions des syndicats, des UD (comme celle de Paris), des fédérations, et chercher à multiplier ces interpellations, parmi les gilets jaunes et parmi les sections syndicales…

Aide à la structuration du mouvement des Gilets Jaunes

Le NPA peut aussi aider à la structuration du mouvement des Gilets Jaunes. Les Assemblées de débats et de prises de positions, la culture du mandat, de la démocratie directe, ne sont pas forcément très ancrées dans le mouvement des Gilets Jaunes. Mais l’auto-organisation existe tout de même à l’instar des Gilets Jaunes de Commercy. Ils et elles ont appelé à une AG des AGs le 26 janvier. Il faut tout faire pour que cette coordination soit une réussite ! Il faut développer partout où nous sommes dans les Gilets Jaunes l’auto-organisation, avec élections de délégué·e·s avec mandats pour y participer. Le but ne doit pas être de s’y faire élire en tant que militant·e·s du NPA (même si certain.e.s camarades peuvent être désigné.e.s également parce qu’ils et elles ont su faire naître une confiance en leur intervention politique), mais bien de faire vivre les acquis démocratiques et structurant du mouvement ouvrier. C’est ainsi également qu’on fera renaître une conscience de classe.

Campagne contre la répression

Des milliers de Gilets Jaunes font l’expérience corporelle de la violence policière étatique. Une plus large frange du mouvement voit et vit au plus près cette violence, jusque-là principalement réservée aux quartiers populaires. L’évolution dans la compréhension de la violence policière est importante. Cette notion arrive même sur les plateaux télé des grandes chaînes médiatiques, après des années de déni.

À cela s’ajoute le traitement horrible de la jeunesse dans les lycées qui se sont mobilisés, les images de l’humiliation collective de Mantes La Jolie ayant fait le tour du monde. L’ignominie de la police a de plus en plus de mal à être couverte et acceptée. Une première pétition a été lancée par LeMédia pour réclamer l’amnistie des Gilets Jaunes condamné.e.s et/ou poursuivi.e.s et recueille déjà plusieurs milliers de signataires dont Olivier Besancenot, Annick Coupé, Assa Traoré…

Le NPA doit lancer une campagne nationale contre la répression et contre les violences policières. Le lien entre les quartiers populaires, les jeunes lycéen·ne·s, et les gilets jaunes peut être détonnant. Partir de ce vécu, récent ou de longue date, pour développer notre analyse de l’état de la classe capitaliste, peut être significatif s’il est mené suffisamment sérieusement par une grande campagne du parti.

Pour son autoprotection ainsi que celle de ses militant.e.s, dans un contexte de répression brutale des mouvements sociaux, de remontée d’une extrême-droite de rue et de rassemblements qui peuvent encore prendre des formes insurrectionnelles, la nécessité se fait de renforcer la CT. Des formations doivent être mises en œuvre pour les camarades afin de garantir un service d’ordre pouvant protéger les militant·e·s et les manifestant·e·s.

Dégager Macron et son monde : pour une campagne propagandiste de réunions publiques

Notre voix dans ce mouvement ne doit pas s’arrêter au seul soutien du mouvement. Il est bien naturel que les éléments de contestation des gilets jaunes ne dépassent pas le cadre réformiste. C’est notre rôle d’essayer de permettre d’aller plus loin en introduisant nos propositions communistes révolutionnaires.

Pour cela, il faut être propagandiste et parler de notre projet communiste autogestionnaire qui permet de répondre à tout un tas d’aspirations des gilets jaunes en lutte : réponse  à la démocratie représentative bourgeoise et au RIC par la démocratie réelle, dans les entreprises et les quartiers ; réponse aux demandes de plus de social par un gouvernement des travailleurs/ses au service des exploité·e·s qui exproprient les grands groupes capitalistes et permettent aux travailleurs/ses d’avoir le pouvoir économique ; écologie et bien vivre par une production qui soit contrôlée par les salarié·e·s et déterminée par nos besoins et non la course au profit des capitalistes ; réponse au problème du pouvoir d’achat à travers  l’indexation des salaires sur les prix, le contrôle des prix dans les supermarchés et l’ouverture des livres de comptes des entreprises ; la rupture avec les institutions et le contrôle et la révocabilité des élu·e·s, réponse à la ségrégation territoriale par la défense des services publics de proximité et des transports publics etc.

Les comités du NPA devraient organiser des réunions publiques permettant de diffuser à une plus large échelle notre projet émancipateur communiste révolutionnaire, partant des revendications immédiates, pour dégager Macron et son monde.

 

 

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