Contribution au débat dans le processus de rapprochement

Ce texte est une contribution au débat de quelques militant.e.s de la PfY dans le processus qui a mené à l’appel de la réunion du 1er juillet.

 

Quel parti est le NPA ? Pourquoi y sommes-nous ?

 

Le NPA a été conçu en 2009 comme un parti large  stratégiquement regroupant selon les termes de l’époque des  anticapitalistes ET des révolutionnaire. Cela sous entendait donc qu’on  pouvait être anticapitaliste sans être révolutionnaire.  La structuration du parti et son orientation se sont donc retrouvé  impacté par cet objectif politique. Cette tentative erronée de vouloir  concilier dans un même parti des personnes n’ayant pas la même stratégie  pour changer la société a bien évidemment échoué.  Les multiples crises qu’a traversé le NPA depuis sa création ont  finalement abouti à le réduire drastiquement. La plupart des  militant.e.s « anticapitalistes » ont quitté le parti sans pour autant  que ce dernier clarifie ses délimitations stratégiques. Cette  recomposition a abouti à une situation absurde où le NPA n’est ni un parti  large ni un parti révolutionnaire. De nombreux militant.e.s sont parti.e.s  seul sur la pointe des pieds ou de manière groupée comme la GU en  2009 ou la GA en 2012. Désormais on ne trouve  presque plus personne ne se réclamant pas comme révolutionnaires au NPA. Ce  dernier n’est plus que les restes d’un parti large qui n’aura finalement  jamais vraiment existé. En revanche le NPA comprend encore un certain nombre de  militant.e.s (parmi la P1 et désormais le  U) qui tout en étant révolutionnaires défendent cette erreur initiale  et persistent dans cette politique. Ces derniers ont encore pour  objectif de transformer le NPA en parti large à la première occasion venue plutôt que de clarifier sa  ligne stratégique révolutionnaire et le fonctionnement  interne qui en découle. Si les courants de la plateforme A sont  d’accord dans les grandes lignes sur la clarification stratégique du NPA  il n’en est pas de même de toutes les sensibilités composant la  plateforme U et c’est ce qui explique en partie son échec  à obtenir une majorité absolue au dernier congrès.

 

Si le NPA ne nous convient pas tel qu’il est nous  devons expliquer pourquoi nous y sommes. Il s’agit à l’heure actuelle  d’un des rares (le seul ?) parti d’extrême gauche qui maintient encore un  certains nombres d’acquis politiques fondamentaux  qui fait pour le moment du NPA la meilleure arme dans la lutte des  classes pour les révolutionnaires :

-il maintient vivante une tradition révolutionnaire, marxiste et trotskiste,

-il intègre à son analyse politique les questions écologiques et les questions d’oppressions,

-il permet globalement un débat libre en son sein (malgré tous ses défauts internes),

-il est capable d’intervenir dans le réel et  d’avoir une influence au sein des mouvements sociaux à une échelle  locale et nationale,

-il a les forces de présenter des candidats aux  présidentielle et de s’assurer une certaine visibilité médiatique qui  lui permet d’intervenir et d’être un acteur dans la vie politique nationale grâce à sa taille.

 

Comment le changer ?

 

Certain.e.s ne pensent pas que le NPA puisse changer et  y appartiennent uniquement faute de mieux sur la scène politique  française. Ce n’est pas notre cas. Si la perspective de changer le NPA  nous semble juste nous devons nous demander par  quel biais et quelles formes cela prendrait ? On parle tantôt de  refonder le NPA et tantôt de réorienter sa direction et sa stratégie.  Mais comment concrètement, au-delà des nuances entre ces deux formulations, cela peut-il arriver ? Nous croyons peu à une  refondation mécanique qui ferait qu’un jour la  majorité des militant.e.s et des tendances du NPA voteraient pour un  congrès extraordinaire de refondation tel un grand soir révolutionnaire.  Nous croyons encore moins à la perspective d’une tendance pure qui  croîtrait par la seule force de la conviction et  en viendrait à diriger naturellement tout le NPA. La meilleure option serait évidemment que la lutte des classes chamboule tout et vienne rebattre les cartes pour le meilleurs. En attendant un scénario  qui nous parait plus crédible aurait selon nous deux piliers :

 

-un changement de direction au CE et au CPN qui passerait nécessairement par la création d’un bloc de direction de plusieurs sensibilités existantes en accord  sur les points fondamentaux de réorientation du NPA (questions de  fonctionnement et clarification de sa stratégie),

-l’intervention concrète au sein du NPA pour le  faire fonctionner au quotidien comme le parti révolutionnaire que nous  voulons qu’il soit ; la réorientation n’est possible qu’en contribuant à construire le NPA sur ses propres bases politiques et non pas en se positionnant en extériorité permanente.

 

Pour y parvenir nous avons jusqu’ici défendu avec  la PfY l’alliance des courants et des militant.e.s de la Plateforme A de  la base au sommet au dernier congrès. Si nous maintenons que cette  alliance aurait été possible et souhaitable, force  est de constater que c’est un échec faute de volonté politique des  directions respectives des courants de la PfA. La Plateforme A, pourtant  majoritaire au CPN depuis le dernier congrès, est incapable de  s’entendre pour former une direction et un projet politique  alternatif et a ainsi permis au dernier CPN à la Plateforme U de garder  la direction effective du NPA. Certains courants semblent même parfois  ne pas réellement vouloir faire émerger une direction alternative pour  changer le NPA et préfèrent se complaire dans  la minorité afin de pouvoir se construire en propre, se condamnant  ainsi à rester les éternels embryons du parti révolutionnaire tant  désiré.

 

Faisant état de ce constat il nous semble juste de réviser cette tactique d’union de la PfA. Nous souhaitons désormais éviter une logique de bloc contre bloc (PfA vs PfU) qui rebute  visiblement un certain nombre de militant.e.s du parti pourtant en  désaccord avec la PfU. De plus nous ne pouvons que constater qu’un des  deux blocs (la PfA) n’existe de fait pas. Notre accord  politique reste toujours plus grand avec les composantes de la PfA qui sont  selon nous sont d’accord sur les principaux points qui permettraient de  réorienter le NPA et de le clarifier stratégiquement. Mais nous devons  être capable de travailler et de dialoguer avec certains secteurs  de la U ou de plateformes locales (comme de nombreux.ses militant.e.s isolé.e.s ou du secteur de Cathy Billard et Alain Krivine, ou encore de Contre-Courant) pour leur montrer que nous sommes une  alternative de direction sérieuse et crédible. Nous devons convaincre dans le NPA et grâce à une tendance de la nécessité d’une clarification stratégique  et d’une réorientation du fond politique et de notre mode de  fonctionnement.

 

Quelle tendance voulons-nous ?

 

Dans la perspective d’un rapprochement entre  diverses composantes du NPA pour le réorienter, il est important de lister les différentes délimitations de ce rapprochement. Une tendance c’est un ensemble d’individus qui se regroupent sur la base d’un certain nombre d’accords qui ne sont pas majoritaires dans le NPA en vue précisément qu’ils le deviennent. Il faut donc justifier pourquoi on fait tendance. Une tendance n’est pas destinée à exister pour toujours; une fois que ces points deviennent majoritaires dans le parti, la tendance n’a plus de raisons d’exister. La tendance a donc un but; la tendance n’a pas pour but elle-même, ni son existence, ni son maintien. C’est un des points principaux qui permettent d’éviter qu’elle ne dérive vers la micro-secte.

Nous ne sommes pas obligé.e.s d’être délimité.e.s sur l’ensemble des questions politiques qui se présentent à nous, par contre nous devons l’être sur les points stratégiques et programmatiques les plus centraux à nos yeux pour le parti.

Ces points centraux ne peuvent être remis en question incessamment : ils justifient notre existence. C’est ceux qui définissent notre orientation, notre activité, notre direction pour la tendance.

Si un nombre de personnes important venait à ne plus s’y reconnaître, ils pourraient eux-mêmes former une tendance au sein de la tendance pour remettre en cause sa raison d’être. C’est un droit démocratique. Mais alors le projet initial de cette tendance serait remis en question.

Nous souhaitons:

1/ un texte de formation de la tendance qui soit un texte de délimitations très clair sur le parti que nous voulons et le type de tendance que nous sommes :

-nous ne sommes pas une tendance comme les autres, notre tendance doit viser à un constant dépassement d’elle-même,  afin d’œuvrer à construire la future direction qui réorientera ou refondera le NPA.  Nous ne nous pensons pas comme un parti dans le parti. Notre organisation est bien le NPA et nous voulons nous battre pour faire en sorte qu’il fonctionne comme un parti révolutionnaire. Par ailleurs, nous œuvrons à la permanente recomposition de notre tendance : notre but est qu’elle évolue constamment en agrégeant non seulement de nouveaux individus, de nouveaux secteurs, mais de nouvelles tendances qui viennent en retour la modifier. Elle n’a pas pour but de rester à l’identique et inchangée, mais d’évoluer constamment jusqu’à être en mesure de constituer (seule ou avec d’autres) le prototype d’une direction alternative du NPA sur nos bases. A cette fin,  elle travaille avec toutes les autres tendances de la pfA sans  sectarisme et ne fait pas primer ses intérêts d’auto-construction  sur le but de direction final. Elle entre en dialogue avec le centre du  NPA et sa base qui sera déterminant pour une réorientation du NPA. Pour se faire, elle doit montrer son sérieux dans notre investissement dans le NPA, en construisant ses comités, ses commissions, son site, son matériel, ses apparitions, etc.

-nous  nous inscrivons dans la tradition trotskiste et léniniste : pour une  centralité de la classe ouvrière, pour la stratégie  révolutionnaire par la grève générale insurrectionnelle et auto-organisée, pour un parti  de cadres forméEs et investiEs, qui donne de l’importance aux questions  de démocratie et d’auto-organisation,

-pour une relecture du marxisme qui ne soit pas une dissolution, en intégrant au cœur de notre politique les questions des oppressions et de l’écologie  notamment. Il s’agit d’être capable d’articuler ses nouveaux sujets à nos anciennes analyses.

2/ batailler activement pour que ce regroupement convainque des  individus et des secteurs encore plus large que des  militant.e.s de la TC, de la PfY et des ex-CCR. La présence d’autres militant.e.s ou d’autres secteurs serait nécessaire à la meilleure réussite de ce regroupement.

 

Par  ailleurs, quoi qu’il arrive, nous souhaitons conserver la pfY jusqu’au  prochain congrès, à minima comme un cadre démocratique  de contrôle de nos éluEs CPN. En effet toutes les personnes ayant voté  pour la PfY n’étant pas convaincu par cette démarche de rapprochement, il nous semble essentiel de garder un cadre de discussion avec elles et  eux pour pouvoir décider collectivement et  en toute transparence de quelle politique mener dans les instances du  NPA.

 

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