Les bases du marxisme

Ce texte est issu d’une formation de base au marxisme. Si vous avez toujours voulu savoir ce que voulait dire « baisse tendancielle du taux de profit » ou si vous voulez simplement un gros récap, ce topo est fait pour vous ! (Ce texte est sous forme de notes et demande à être complété, les sources se trouvent à la fin du texte)

Safran

 

Processus de production capitaliste, analyses marxistes des crises et conséquences politiques.

 

Nous commencerons par rappeler quelques concepts fondamentaux étudiés dans le livre 1 du Capital sur le fonctionnement économique du capitalisme. Nous verrons comment le capitalisme se définit par un processus de  production fondé sur un rapport social d’exploitation. Dans un second temps nous expliquerons les mécanismes qui rendent instable le capitalisme et nous exposerons les différentes théories marxistes qui cherchent à expliquer les crises du capitalisme. Nous passerons en revue les phénomènes tels que la baisse tendancielle du taux de profit, les problèmes de réalisation de la survaleur et nous tâcherons d’expliquer les crises de surproduction.  Nous finirons ensuite en discutant les conséquences politiques de ces analyses. Nous verrons comment une analyse marxiste de la crise peut nous donner des idées clefs pour comprendre à la fois les logiques qui se cachent derrière les politiques de rigueur et d’austérité mise en place par les gouvernements libéraux, les politiques de relance avancées par les réformistes et les Keynésiens pour répondre à la crise, et nos positions révolutionnaire qui expliquent qu’il n’y a pas de solution à la crise au sein du système capitaliste et que nous devons donc en sortir et socialiser les secteur clefs de production.

 

1. Processus de production capitaliste

a. Théorie de la valeur travail (marchandises, prix et monnaie, force de travail)

Le monde est rempli de marchandises. Le capitalisme est extrêmement productif. Marx distingue chez les marchandises la valeur d’usage et la valeur d’échange.

Valeur usage =  capacité d’une marchandise à satisfaire un besoin. Utilité réelle d’une marchandise qui disparaît une fois consommée. Cela peut être des besoins naturels, fondamentaux, mais aussi superflus ou mortifères. On en a besoin pour vendre une marchandise.

Valeur échange = prix, forme monétaire qui permet de l’échanger = quantité moyenne (ou sociale) de travail nécessaire pour la produire.

L’objectif premier du capitalisme n’est pas de produire des produits utiles mais de les échanger et de produire de la valeur et de l’argent (du profit). D’où une anarchie de la production due à une absence de contrôle de la collectivité sur le type d’objets produits. Les objets ne sont produits que pour les échanger.

Marchandise= produit créé via le travail non pas dans le but d’être directement consommé mais dans le but d’être échangé. Toute marchandise a une valeur d’usage et une valeur d’échange.

Qu’est ce qui détermine la valeur et la grandeur de la valeur d’une marchandise ? C’est le Travail qui est source de toute valeur et transmet sa valeur aux marchandises. Marx distingue : le travail concret qui est la manière dont on produit et on travaille (différent selon le type de travail effectué) est source de la valeur d’usage. Le travail abstrait (commun à tout type de travail) qui est le fait de dépenser une certaine énergie pour produire des biens, est l’unique source de la valeur d’échange. Le capitalisme rend concret cette abstraction et rend réel ce qui n’est à la base qu’un concept (réalité à l’œuvre). Le travail transmet ainsi sa valeur à une marchandise.

-Directement via le travail vivant, lorsqu’un ouvrier travaille par exemple ou ?

-Indirectement via le travail mort (machine, produits intermédiaires) qui répartissent leur valeurs petit à petit dans les objets qu’ils servent à produire.

Valeur du travail= valeur en temps de travail des marchandises produites, c’est ce qui détermine la grandeur du travail. Le prix d’une marchandise est proportionnel au temps qu’on met à en produire une unité en moyenne.

Il ne s’agit pas du temps de travail individuel (si un ouvrier travaille plus lentement et produit plus lentement un objet, cette marchandise n’aura pas moins de valeur). Il s’agit du temps de travail social, autrement dit du temps de travail moyen pour produire une marchandise (travail simple moyen) dans des conditions standards d’une société donnée. (En revanche la question est de savoir si cela dépend du niveau de qualification ou pas. La question n’a pas été résolu par Marx).

La Force de travail = toutes les capacités physiques et sensorielles mises en mouvement lorsqu’on produit des valeurs d’usage. Dans ce système l’ouvrier ne vend pas son travail (le résultat de son travail i.e. ce qu’il produit) mais sa force de travail. Le fruit du travail de l’ouvrier revient entièrement au Patron. L’ouvrier ne vend pas un résultat mais un moyen. Le capitaliste quand il embauche achète la force de travail (la plupart du temps à sa juste valeur).

La force de travail est donc une marchandise car l’ouvrier peut la vendre librement avec un contrat de travail, choisir son employeur (condition juridique) et doit la vendre par contrainte pour survivre car il ne possède pas les moyens de production (condition socioéconomique). L’ouvrier ne dispose que de sa force de travail pour survivre et se voit donc imposer un rapport salarial.  Il ne s’agit donc pas à proprement parlé d’un vol, mais d’un processus d’exploitation que nous allons décrire plus tard. La critique n’est pas tant morale (les capitalistes seraient « méchant ») : l’exploitation est intrinsèque au système (les capitaliste et les prolétaires ne peuvent pas faire autrement au sein de ce système en en respectant les règles).

Comme pour les autres marchandises, la Valeur de la force de travail = « temps passer pour  produire ou plutôt reproduire la force de travail »= salaire perçu par le salarié = qui est égale au temps de travail nécessaire pour produire ou plutôt reproduire la force de travail, ce qu’il a besoin pour (sur)vivre. Cette valeur est une norme sociale et oscille donc autour du salaire de subsistance à cause du chômage, mais peut être plus élevée en fonction du contexte social et économique.

Les ouvriers sont donc déshumanisés (leur force de travail est réduite à une simple marchandise, un instrument de travail), dépossédés (le fruit de leur travail ne leur appartient pas et ne les intéresse pas, au sens propre et financier. L’ouvrier n’est qu’un rouage, il ne comprend plus son geste, il ne contrôle pas son rythme, imposé par les cadences des machines), dépersonnalisés (il peut être remplacé et est étranger à son propre travail, qu’il ne choisit pas réellement). Ce sont les ingrédients de son aliénation. (Le capitaliste lui aussi connaît une forme d’aliénation car ses sens physiques et intellectuels sont remplacés par un sens de l’avoir).

Cela dit la reproduction de la force de travail n’est pas faite en « usine » mais à la maison et sur le temps libre dans une logique de vie et d’existence, ce qui introduit des formes de résistance à la marchandisation de la force de travail. Le prolétaire n’est pas une simple marchandise, c’est ce qui permet une prise de conscience et de remettre ce système en cause par les luttes. On pourrait faire un parallèle avec le patriarcat et l’exploitation des femmes via le travail domestique.

b. Plus-value et exploitation

D’où vient le profit des capitalistes si il n’y a pas (en règle générale) d’arnaque entre les échanges (on vend au « juste prix », à la valeur réelle) ? Si on échangeait juste des marchandises à valeurs égales il n’y aurait pas d’enrichissement. Si ça ne se passe pas dans la sphère de l’échange ça se passe dans la sphère de la production. Cette valeur supplémentaire (survaleur, plus-value) provient de la force de travail qui est seule capable de produire une valeur supérieure à la sienne. La plus-value est donc la différence entre la valeur du travail et la valeur de la force de travail. En règle générale (même si ils le font souvent) les capitalistes ne volent pas le travailleur en lui achetant sa force de travail. Il la lui achète à sa juste valeur. Selon les concepts de Marx, le travailleur est exploité par le capitaliste mais n’est pas volé au sens strict du terme.

On peut expliquer l’exploitation par les concepts (fictifs) de travail nécessaire, temps durant lequel le travailleur produit une valeur qui lui revient, et de surtravail, qui est le temps pendant lequel le prolétaire continue de travailler alors qu’il a déjà produit une valeur correspondant à sa consommation standard, c’est-à-dire son salaire. Cette richesse qu’il continue à produire pendant ce temps sera appropriée par le capitaliste, c’est du travail gratuit.

Pour comprendre, on peut par exemple imaginer que pendant une journée de 8 heures un ouvrier travaille (formellement) 4h « pour lui » et 4h « pour son patron ».

On introduit les notions

Capital constant= C= marchandises qui servent à produire d’autres marchandises =les machines, les bâtiments, les matières premières, …

Capital variable=V= moyens financier pour acquérir la force de travail = valeur de la force de travail=salaires.

Survaleur, plus-value= S= différence entre valeur du travail et la valeur de la force de travail.

La seule source de valeur supplémentaire ou nouvelle au cours d’une journée est issue du travail vivant (de la force de travail). La valeur d’un produit est la valeur produite au cours d’une journée (produit de valeur)=C+V+S.

Valeur d’une marchandise=prix des matières premières et usure des machines (C) + valeur ajoutée grâce au travail (qui se répartit entre le salaire de l’ouvrier et le profit du patron V+S).

La nouvelle valeur produite est V+S (travail nécessaire et surtravail). Le capital constant (machines, matières premières) n’est pas source de valeur supplémentaire directement, mais il répartit petit à petit sa valeur dans les objets qu’il sert à produire. Sa valeur vient du fait qu’il a été lui-même source d’un travail qui lui a donné sa valeur. La valeur du capital constant peut de plus se dévaloriser lorsqu’il y a des innovations par exemple, ce qui incite le capitaliste à le rentabiliser au plus vite (3 huit, …).

Parenthèse : Dans notre société de consommation les objets sont perçus systématiquement comme des marchandises ayant une valeur qui leur serait naturelle. (Les biens n’ont en réalité pas de valeur intrinsèque mais une valeur issue de ce processus de production via la valeur du travail). Cette perception qui semble naturelle dans la société marchande, car nous sommes dominés par ces représentations, est ce que Marx appelle le fétichisme de la marchandise.

Plus généralement l’idéologie capitaliste masque les rapports sociaux à l’origine du profit via :

-le fétichisme de la marchandise,

-le fait que le capital apparaît comme un ensemble de biens et non comme un rapport social (ce qui donne l’impression qu’il produit lui-même de la valeur, que l’argent fait de l’argent),

-le fait que le salaire donne l’impression de rémunérer le travail (et non la force de travail), masquant le rapport d’exploitation.

Il faut démasquer ces illusions.

 

 

Les capitalistes cherchent donc à augmenter leur profit, c’est-à-dire à augmenter la survaleur ou la plus-value. Deux méthodes existent pour cela : augmenter la plus-value absolue ou la plus-value relative.

plus-value absolue= augmenter le temps de travail ou intensification du travail (différent d’augmenter la productivité)= travail nécessaire demeure constant et le surtravail augmente. Méthode employée historiquement du 14ème au Début du 19ème siècle où le temps de travail augmente constamment, aidé par l’Etat (loi du temps de travail minimum et du salaire maximum) et l’apparition des machines qui rendent le travail plus simple. Mais limite des 24h ! et limite de la condition physique des ouvriers qui se dégrade trop et nuit même aux capitalistes. L’intensité du travail aussi augmente via les cadences qui s’accélèrent, (la productivité n’augmente pas car le travail n’est pas plus efficace), la rationalisation des gestes (Taylorisme), le recours aux temps partiels, la chasse aux temps morts, …

plus-value relative= augmenter la proportion de surtravail par rapport au travail nécessaire = augmenter le temps où on travaille pour son patron et diminuer le temps ou on travaille pour soi= Pour cela il faut augmenter la productivité ce qui permet de diminuer le temps nécessaire à la production des moyens de subsistance des travailleurs. Ca baisse la valeur unitaire des prix et cela ne diminue donc pas forcément leur niveau de vie. Cette augmentation de la productivité est une conséquence de la concurrence, mécanisme global. Méthode pour augmenter la productivité (innovation ou intensification du travail): coopération (économie d’échelles), manufacture (répartition rationnelle des tâches et spécialisation, ouvrier hypertrophié), grande industrie (recours aux machines, révolution industrielle). Marx pense la manufacture irrécupérable pour le socialisme mais la grande industrie si grâce à un bon usage des machines.

c. Reproduction et accumulation du capital

  •  Réalisation de la plus-value

La réalisation de la plus-value (vendre les marchandises produites sur le marché) est l’étape clé de la dynamique économique chez Marx car elle est à la base de l’accumulation capitaliste qui permet d’accroître la production, d’entreprendre, d’investir, de continuer à produire et de poursuivre l’accumulation et ainsi perpétuer leurs profits. Une partie de la plus-value est consommée par les capitalistes mais l’autre sera réinjectée dans le système pour poursuivre et accroître la production. En effet, en raison de la concurrence entre les entreprises, le réinvestissement d’une partie des profits est nécessaire  à la survie des capitalistes. Nous verrons ensuite en quoi cette dynamique est parsemée de contradictions et débouche sur des crises.

Circuit de reproduction ou procès  de reproduction du capital (ou accumulation du capital):

A à P (capital productif) à M (marchandise) à A’

A(argent) —(achat moyen de production et force de travail) à P=C+V (capital productif : machines et salaires) —(production de marchandise, création de la plus-value grâce à la force de travail) à M=C+V+S(Pl) (marchandise) —(réalisation de la valeur, vente des marchandises) à A’ (>A) à nouveau cycle.

Sphère de la production et sphère de la réalisation (via l’échange).

La plus-value (ou survaleur)= A’-A  est :

-soit accumulée (i.e. consommée de façon productive) pour recommencer un nouveau cycle avec plus de capital (en achetant plus de moyens de production et de force de travail). Conséquence : augmentation de la taille des entreprises et de la population (prolétarienne).

-soit distribuée (i.e. consommée de façon improductive) par les capitalistes pour leur consommation personnelle.

  • Accumulation primitive

Mais comment les capitalises peuvent-ils investir au début ? On va voir que leur capital initial ne vient pas du fruit d’un dur labeur de leur part. Mais même si c’était le cas, ce circuit de reproduction du capital montre que l’argent investi au départ finit par lui revenir au final via la plus-value. Son argent est en quelque sorte entièrement renouvelé au bout d’un certain nombre d’années grâce au capital produit par les ouvriers. C’est uniquement via le mécanisme d’exploitation qui est une forme indirecte de spoliation que l’usine appartient encore au capitaliste et non aux ouvriers.

Accumulation primitive : le mythe selon lequel les capitalistes auraient travaillé dur pour posséder leur capital est en fait faux. Ce rythme d’accumulation serait beaucoup trop lent pour expliquer les concentrations de capitaux assez importants pour permettre le système capitaliste actuel. Cette accumulation primitive est en fait fondée sur le sang des populations de pays entiers et l’expropriation massive des terres. Cela a en fait été possible grâce :

-à l’expropriation massive de la population rurale. Loi anti vagabondage très dure au 16ème et 17ème siècles (car les gens ne voulaient pas travailler pour les capitalistes). Cela a constitué une forme de prolétarisation forcée.

-au commerce international et au capitalisme marchand basé sur le pillage des peuples. L’Etat joue un rôle décisif dans cette appropriation avec ses armées.

L’accumulation primitive et l’émergence des capitalistes n’ont donc pas été fondées sur l’enrichissement des gentils artisans mais sur le sang des populations des pays entier (Outre-Mer, colonisation, …) et la contrainte pour les paysans de se salarier.

  • Schéma de reproduction du capital simple et élargie

Reproduction simple

Reproduction élargie

->condition d’équilibre rigide

Pas détaillé ici

1. Analyses marxistes des crises

a. Instabilité du capitalisme

Marx montre grâce à des schémas de reproduction (élargie) du capital que l’équilibre peut être atteint de manière théorique mais que cet équilibre est instable et a peu de chance d’être spontané, en raison des conditions rigides nécessaires à sa réalisation. Comme il n’existe aucun mécanisme pour corriger la situation et respecter ces conditions, le système est donc fondamentalement instable, ce qui est vérifié empiriquement par les crises répétitives et régulières sous le capitalisme. Ce sont les contradictions internes du capitalisme qui sont responsable des crises.

Partie non développée. Cf ii) schéma de reproduction du capital.

b. Lois tendancielles

C= capital constant (machines, matières premières, bâtiments, …)

V= capital variable (salaires)

C/V= composition organique du capital (plus c’est grand plus il y a de machines par rapport aux ouvriers)

Pl=S=Plus-value, Survaleur (profit des capitalistes, soit consommés soit réinvesti)

C+V+Pl=valeur des marchandises produites

VA=V+Pl=valeur ajouté (valeur supplémentaire créé grâce au travail)

E=Pl/V= taux d’exploitation (rapport entre la part de valeur ajouté qui a été accaparé par les capitaliste et la part qui reviens aux travailleurs)

Taux de profit= Pl/(C+V)=E/(C/V+1) (Si le taux de profit est de 20 pour cent cela veut dire que pour 100 euros investi (salaires et machines) le capitaliste en gagne 20.) Ce taux mesure la rentabilité du capital, plus il est grand plus c’est rentable d’investir et moins il est grand moins c’est rentable d’investir. Ce taux est donc un indicateur de la santé économique du capitalisme. Les capitalistes cherchent à l’augmenter.

 

La concurrence oblige les capitalistes à rester compétitifs pour ne pas perdre de parts de marché et continuer à vendre leurs marchandises. Ils cherchent donc en permanence à être plus compétitifs. Pour cela il y a trois moyens :

-améliorations techniques, innovations (outils, techniques, machines) i.e. augmentation du capital constant

-organisation du travail, management, …

-condition naturelles (agricultures, mines, …).

 

Cette augmentation de la productivité n’a pas d’impact sur la création de valeur (d’échange) (mais plus de valeur d’usage est produite). Cela fait baisser la valeur individuelle des produits. La capitaliste pourra vendre moins cher pour gagner des parts de marcher, mais un peu plus cher que ce qu’il pourrait dans un premier temps pour faire des super profits. Mais ça ne dure pas car la concurrence finit aussi par innover ou faire faillite (ou monopole), entraînant des licenciements et la disparition de ceux qui n’ont pas su s’adapter.

 

3 lois tendancielles :

 

Augmentation de la composition organique du capital : La compétitivité fait donc s’accroître le capital constant (innovations techniques) au détriment du capital variable (salariés). Plus de machines proportionnellement au nombre de salariés. Baisse du travail vivant par rapport au travail mort. Donc C croit plus que V (qui peut même décroitre) et C/V augmente.

 

Paupérisation des travailleurs et constitution d’une armée industrielle de réserve : baisse des besoins de main d’œuvre et augmentation du nombre de gens employables par rapport au nombre de gens employés. Augmentation du taux de chômage. Cette tendance pèse sur les salaires et les conditions d’embauches de ceux qui sont au travail qui acceptent des conditions plus dures.

 

Loi de la baisse tendancielle du taux de profit : impliquée par la hausse de la composition organique du capital. Si il y a moins de travail vivant par rapport au travail mort et que le profit vient uniquement du travail vivant (force de travail), c’est normal que le taux de profit baisse. Plus les machines prennent de l’importance par rapport au travail humain, plus le taux de profit baisse, on ne peut pas exploiter des machines ! Il faut donc investir plus pour maintenir son profit absolu constant.

« Le taux de profit baisse, non parce le travail devient moins productif, mais parce que sa productivité augmente » (Marx, Capital, Livre III, chapitre 14).

world-rate-of-profit.png

source: blog de Michael Roberts

c. Contres tendances

2 principales contre tendances :

d. Crise de surproduction

Expliquée par certains par une sous consommation des masses et par une suraccumulation du capital.

Suraccumulation de capital

Baisse tendancielle du taux de profit et problème de réalisation de la plus-value (de la valeur)

 

Ne pas confondre causes fondamentales des crises et manifestation des crises.

Issue de la crise : destruction de capital (guerre, faillite, dévalorisation), conquête de nouveaux marchés (trouver des nouveaux pays et populations pour vendre et produire, colonisation, …), surexploitation des marchés existant (augmentation du taux d’exploitation, mesures d’austérités, ).

e. Deux erreurs/solutions classiques. Quels enjeux politiques ?

Relance (keynésianisme) versus austérité ou alors faillites ou dévaloriser le capital (seule solution purger le capital excédentaire, dévaloriser le capital) -> sortir du capitalisme

 

3. Quels enjeux politiques ?

à compléter

a. Politiques de relance pas un recours à l’austérité

Pas de capitalisme à visage humaine possible (->anticapitalisme). Le réformisme est une illusion. Ce n’est pas qu’une question de radicalité. Ça ne marche pas (Mitterand 81, Syriza, …)

b. Melenchon et Hamon (deux politiques Keynésiennes différentes)

  • Politique Keynesienne

Cela consiste à faire intervenir l’état dans l’économie pour essayer de réguler le capitalisme et de contrer ses cycles de crises : dépenser quand tout va mal et faire des économies quand tout va bien. En période de crise (actuellement) cela se traduit par des investissements massifs de l’état pour relancer la production. Ces politiques peuvent aussi s’accompagner d’une augmentation des salaires (melenchon) ou des aides d’états (revenu universel, Hamon) pour stimuler la consommation et donc l’économie en espérant que ça génère des investissements et sur le moyen terme de l’emploie.

  • Echec des politiques keynésiennes de relance

Exemples : (Mitterrand 81 -> échec tournant de la rigueur en 83),

Trente glorieuses après-guerre (preuves pour certain de l’efficacité des politiques Keynésienne), mais en parti du au contexte d’après la guerre (qui permet au capitalisme de se redévelopper) et surtout suivi d’une « stagflation » inflation croissante sans réduction du chômage. Compromis fordiste possible que à cause de la destruction de capital suite à la guerre.

Raison : consommation de produits étrangers, épargne, augmentation des « charges patronales » ou « cotisations » pousse les capitalistes à partir et empêche les capitalistes d’investir

  • Seule solution possible pour Melenchon qu’il assume (Keynésien « radical »):

-« protectionnisme solidaires » pour essayer de privilégier les produits français. Mais si on taxe les autres pays ils nous taxent en retour et c’est plus dur d’exporter… De plus même si ça marche ça serait au détriments des travailleurs des pays étrangers… est ce bénéfique ? où est la solidarité ?

-augmenter les recettes publiques pour financer son programme en taxant les capitalistes et mettant fin aux niches fiscales (CICE…) (mais du coup dégradation de la compétitivité)

-en s’endettant création d’un pôle publique bancaire (et pas monopole) et que la BCE puisse prêter directement aux états (si il arrive à faire son Plan A ! sinon plan B : sortir unilatéralement de l’UE), (auprès d’une banque centrale qu’il créerait ? -> Inflation, auprès de nation étrangères ? -> pas forcément possible ou alors en donnant des choses en échanges)

  • Solution pour Hamon (Keynésien « réalistes » « pragmatique ») (exemple plus important de droite de cette ligne est Trump):

-ne pas trop dégrader la compétitivité, avec une volonté de baisser les cotisations patronales et est pour le CICE (mais plus contraignant tout de même en l’indexant au pourcentage d’investissement des entreprises, pour obliger  investir)

-revenu universel (et pas salaire à vie) qui repose principalement par l’impôt et non les cotisations patronales. Cela permet selon lui d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages et de relancer la consommation sans en faire peser le poids sur les entreprises. Qui finance si on ne veut pas nuire à la compétitivité ? Les autres travailleurs, répartition des richesses entre les travailleurs mais pas avec le capital… ne règle pas le problème, pas une réelle répartition des richesses. Corolaire libéral d’un tel revenu universel c’est on peut l’attendre la facilitation des licenciements et une flexibilisation du marché du travail, une augmentation de la précarité pour augmenter la compétitivité.

-c’est cette nuance dans les politiques Keynesienne qui fait que Hamon et Melenchon n’ont pas du tout la même vision de l’UE. Hamon n’envisage pas de se battre contre l’UE et n’envisage aucun protectionnisme (qui mettrait selon lui en péril notre compétitivité)

  • Inflation

Au final les politiques de relance (dépenser plein d’argent public pour relancer la croissance de manière artificielle) produisent surtout de l’inflation (en gros on a plus d’argent mais il ne vaut plus rien car les prix augmentent) qui peuvent être un autre moyen plus insidieux de faire payer la crise aux travailleurs.

Choses positives de l’inflation, elle ruine proportionnellement plus les riches que les pauvres (quand on n’a pas d’argent on s’en fout que l’argent ne valle plus rien !), mais elle touche quand même les travailleurs car les prix augmentent plus que leur salaire.

c. Revendications et mots d’ordres révolutionnaires ?

Seule solution (la nôtre) pour répondre aux questions que soulèveront la mise en application du programme de Melenchon ou Hamon:

-s’attaquer à la propriété privé et socialiser les moyens de production (expropriation des capitalistes)

-reprendre aux capitaliste la possibilité d’investir où et quand ils veulent, contrôle l’appareil productif (ce qu’on produit)

-avoir la mainmise intégrale sur le commerce extérieur, mise en place d’une monnaie inconvertible, …

-autogestion dans l’entreprise, seule possibilité pour un investissement des masses, une démocratie directe et exproprier les capitalistes

Ces mesures de ruptures avec le capitalisme sont les seules à même de sortir du cercle vicieux dans lequel le capitalisme nous enferme et qu’une politique Keynésienne ne peut suffire à contrer. Il n’y a pas de réponse socialement acceptable à la crise qui soit juste une réforme interne au système capitaliste. Pour sortir du capitalisme il faut un grand soulèvement d’ensemble qui prenne le pouvoir en mettant en place un gouvernement des travailleurs qui détruirait l’état actuel pour en reconstruire un autre au service de la population et non des capitalistes. L’autogestion est une condition nécessaire pour que tout cela puisse se produire et ne dérive pas vers des perspectives bureaucratiques.

d. Limites de l’autogestion d’une entreprise sous le capitalisme

Les expériences d’autogestion sous le capitalisme ne peuvent être que temporaires, ils sont menacés en permanence et ils doivent lutter en permanence pour leur survie contre le système.  Grève ouvrière, autogestion usines, revendication (nationalisation, expropriation, contrôle ouvrier, réquisition, maintient capitaliste de la production, interdiction des licenciements, diminution du temps de travail,…).

Ne pas semer des illusions.

Mélenchon paraît crédible aux yeux des gens en ayant chiffré son programme, en ayant des mesures concrètes, en détaillant précisément ce qu’il fera. On doit faire tomber ces illusions et faire pareil.

Se doter d’un véritable Programme de transition avec des mesures concrète (expropriation sans indemnité ni rachat, sortie des traité de l’UE et de l’euro, contrôle de la monnaie, planification de la production, …).

Avoir un véritable programme qui explique comment on pense que la société peut être gérée. Autogestion et planification !

Fonctionnement économique de la société communiste ? à détailler et à travailler !

 


Sources 

BD : Marx pour les débutants

Salaires, prix, profit (Marx)

Le capital tome 1 (Marx)

Introduction au Marxisme (Mandel)

L’explication des crises de surproduction (Ernest Mandel)

La crise de 2008, une crise du néolibéralisme ? Une typologie des interprétations marxistes dans Contretemps (Jordi Brahamcha-Marin)

Notes de cours sur Marx de Sébastien Rouillon

Exposé du Tome 1 du capital séminaire Marx par Ludovic Hetzel

Slides de Gaston Lefranc séminaire Marx de l’ENS et à l’UDT du NPA : une Analyse marxiste de la crise économique

Topos du site de formation du NPA (1, 2, 3) et ancien topo marxisme des 3 jours pour changer le monde

 

 

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