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Après le mouvement, quelle situation et quelle orientation pour le NPA jeune?

 

Ce texte est une contribution au débat pour le SNJ (secrétariat national jeune du NPA) de novembre. Un bilan de ce SNJ est disponible ici.

A (ENS), A (Paris8), A (Paris 1), F (ENS), L (ENS), P (ENS), S (Jussieu), T (Jussieu)

 

Voilà selon nous quelques éléments de caractérisation de la situation actuelle et les tâches qui devraient être celles du secteur jeune dans les mois à venir :

 

Consolider les acquis du mouvement en avançant ensemble et en construisant le secteur jeune et le NPA:

 

– Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération militante sortie du mouvement qu’il s’agit de consolider, de former plus profondément et de gagner en tant que militant.e.s révolutionnaires, en proposant une politique qui se démarque clairement et des autonomes et des mélenchonistes.

-De ce point de vue, notre capacité à travailler ensemble est cruciale : on ne pourra capter largement cette nouvelle génération que si l’on arrive à  être présent.e.s de manière bien plus visible dans le paysage. Pour frapper fort, il faut avancer groupé. L’essentiel des gens que nous pouvons gagner suite au mouvement sont encore à convaincre.

– Cela est d’autant plus important dans cette nouvelle phase de luttes de plus basse intensité, en partie due à la présidentielle. C’est le moment de proposer un cadre structuré de luttes et de débats au NPA Jeunes qui soit démocratique, enthousiasmant et dynamique.

-Dans ce sens nous devons mener la campagne Poutou de façon unitaire pour faire connaître la spécificité de notre organisation et de nos solutions politiques.

 

Montée de l’extrême-droite et épuisement des réformismes :

 

– La période est caractérisée par une très forte polarisation politique : montée de l’extrême droite d’un côté et radicalisation d’une partie de la jeunesse et des travailleurs/ses pendant le mouvement de l’autre. Polarisation qui se traduit à gauche d’un côté par une crise historique du parti socialiste et de l’autre par le relatif succès de la campagne Melenchon et un très fort phénomène de désaffiliation politique (bénéficiant essentiellement au FN et générant une très forte abstention).

-Plus généralement nous assistons à une crise d’hégémonie politique des élites néolibérales qui représentent la classe dominante. C’est une conséquence des politiques d’austérités massives consécutive à la crise de 2008 et de la dépression économique qui a suivi. Le Brexit et l’élection de Trump en sont les plus grandes manifestations et montrent que les classes populaires sont à la recherche d’une nouvelle représentation politique. Ce sont pour l’instant les populismes d’extrême droite (Trump, Le Pen) qui en tirent profit et dans une moindre mesure les réformistes de gauche (Sanders, Corbyn, Podemos, Syriza, Melenchon). Nous devons en tirer le bilan en nous présentant résolument comme « anti-système », en arrêtant d’être sur la défensive et en proposant ouvertement notre stratégie de rupture avec le capitalisme et notre perspective communiste. C’est ce qui nous permettra de nous démarquer et de progresser.

– Avec les élections présidentielles qui arrivent juste après l’élection de Trump, la situation est propice aux discussions politiques avec notre milieu, qui cherche une explication globale et des solutions à la dégradation catastrophique de la situation politique et économique à tous les niveaux.  On s’aperçoit sur le terrain que les discussions prennent très facilement. C’est une période idéale pour parler des questions programmatiques et stratégiques et avancer sans gêne notre profil révolutionnaire.

 

Luttes antiracistes et anti-répressions :

 

– Du mouvement contre la loi travail ont émergé à la sortie de l’été une série de luttes rassemblant de façon nouvelle des secteurs du mouvement antiraciste (collectif contre les violences policières en banlieue et anti-islamophobie), anti-répressions des mouvements sociaux (franges syndicales les plus combatives) et des groupes autonomes anti-flics et anti-fascistes.

Plusieurs rassemblements, rencontres, meetings, manifs ont eu lieu (sur le burkini, Adama, la violence policière, l’islamophobie). Il faut poursuivre ce travail entamé dans le sens d’une convergence des luttes et du « faisons front », continuer à être à l’initiative de beaucoup de ces événements et à être présent.e.s pour ceux des autres, pour y défendre ouvertement notre profil révolutionnaire. Notre particularité politique se décline aussi sur les questions d’antiracisme et d’anti-islamophobie ; la reconstruction d’un mouvement antiraciste révolutionnaire à la hauteur de la situation dépend aussi de nous.

– Deux mobilisations antécédentes au mouvement contre la loi travail se poursuivent en toile de fond et mobilisent un réseau en partie différent de celui du mouvement contre la loi travail (avec beaucoup plus de militant.e.s de plus long terme): celle des migrant.e.s et celle de la ZAD. Il est aussi important d’y être présent, au-delà de l’importance réelle de ces mobilisations, pour une fois de plus pousser à une convergence des luttes et une popularisation de notre stratégie et notre programme.

 

Dans les facs et les lycées :

 

– Sur les facs, au-delà de la campagne Poutou et de l’activité propagandiste pour défendre notre programme, ce sont les questions des fusions et de la sélection en master qui doivent être au centre de notre intervention, notamment syndicale. Ce sont des questions qui préoccupent les étudiant.e.s, qui ne sont pas (ou trop peu) informé.e.s sur ces sujets, et peuvent potentiellement les mobiliser. Se former nous-mêmes pour informer ensuite autour de nous est la première étape.

-Nous devons produire du matériel qui développe nos positions sur les questions d’enseignement et d’université. Cela nous aiderait aussi bien pour la campagne Poutou que pour lutter au quotidien contre l’austérité, les fusions et la sélection.

-L’élection probable de Fillon renforce la crainte de voir s’accroître encore l’austérité de manière drastique dans le service public et notamment l’université. Nous n’oublions pas de plus que nous sommes un certain nombre à avoir manifesté contre la loi Fillon en 2005 qui projetait de réformer le bac. Si Fillon se fait élire en 2017, les attaques contre l’enseignement seront fortes et nous devons préparer le terrain de la résistance dès maintenant.

-Nous souhaiterions aussi avoir un vrai débat et un bilan de l’intervention syndicale des divers camarades. Il serait souhaitable d’engager une réflexion sur ce que pourrait être l’avenir du mouvement étudiant (qui pourrait éventuellement dépasser les cadres syndicaux ?).

 

Des axes de politisation fort pour la jeunesse:

 

– Transversales aux spécificités de la période des derniers mois, la jeunesse continue d’entrer en politique autour de 4 grands thèmes: le féminisme, les questions lgbtqi*, l’écologie, et l’antiracisme. Il faut donc être capable de prendre en charge cette demande.

 

-Côté féminisme et questions lgbtqi*, il faut poursuivre le travail entamé. Le collectif féministe révolutionnaire est un exemple réussi de militantisme féministe regroupant largement notre milieu sur des bases marxistes révolutionnaires. Nous devons de plus continuer à impulser le pôle radical au niveau LGBTQI dans la marche des fiertés et nous devons impulser de la même manière un pôle révolutionnaire dans l’optique du 8 mars qui permettrait de retrouver un cadre millitant plus inclusif notamment après la disparition du collectif 8 mars pour tou.te.s.

Nous devons lutter contre les dérives dépolitisantes qui proposent une transformation uniquement du niveau individuel et non structurel (transformation illusoire au demeurant) et qui ne proposent comme horizon de lutte que des débats lexicaux et des partages sur twitter sans aucune organisation collective autogestionnaire. Ces façons de faire entraînent par ailleurs la plupart du temps (comme on a pu encore le voir récemment avec le 8 mars pour tou.te.s et à Solidaires Etudiant.e.s) des explosions des cadres militants du fait d’une très mauvaise conception de la prise en charge des problèmes de sexisme et d’agression.

Mais pour autant, nous devons réussir à mener ce combat sans sectarisme : des portes s’ouvrent pour élargir considérablement notre audience sur ces questions et il faudrait être en mesure de s’y engouffrer. Pour ne donner qu’un exemple, la grève des femmes 16h34 présente évidemment beaucoup de limites mais elle a touché très largement ; elle proposait des perspectives intéressantes notamment via cette notion de « grève des femmes », et nous aurions pu jouer un plus grand rôle via notre parti, nos collectifs mais aussi via les syndicats.

 

-Sur l’écologie enfin, il faudrait commencer à  entamer un travail de terrain sur ces questions qui ne se résume pas à la simple écriture de textes ou au soutien des ZAD. Les camarades de Bures auront sans doute des comptes-rendus précieux à nous faire. Les discussions autour du programme des présidentielles est un bon point d’appui pour commencer à réfléchir sérieusement à ces questions et aux façons de nous y investir. Cette question revient régulièrement au cœur de l’actualité au gré des catastrophes diverses (nucléaire, tsunami etc.), de l’agenda politique (sommets type COP 21 par ex.) et va l’être encore plus dans les mois à venir avec un Trump au pouvoir. Le réchauffement climatique et ses effets catastrophiques devraient être au centre de nos discours révolutionnaires et nous devrions pouvoir l’articuler avec finesse avec notre programme et notre stratégie. De façon plus immédiate, notre prise en charge de l’écologie prend une importance saillante avec la consolidation des réseaux autonomes qui recrutent en grande partie autour de ces thématiques sur lesquelles nous sommes pour l’essentiel absent.e.s.

 

Organisation interne et préparation du SNJ:

Dans le but de dynamiser le secteur jeune et d’augmenter la communication entre nous on pense qu’il serait souhaitable de mettre en place quelques listes mails thématiques. L’idée serait dans un premier temps de s’échanger des informations et de pouvoir plus et mieux communiquer entre nous sur certains thèmes. On pourrait par exemple commencer avec 4 listes : une « facs/lycées/syndicalisme-étudiant », une « féminisme/LGBTI* », une « antiracisme-migrants » et une « écologie ». A plus long terme, si le secteur jeune se renforçait et fonctionnait mieux ces listes pourraient évidemment déboucher sur des réunions physiques de commissions jeune.

Par ailleurs pour rendre plus fluide nos échanges il faut arrêter la modération des listes de discussion jeune qui pose des problèmes techniques et démocratiques.

N’étant pas sur les listes mails du SNJ, nous ne savons pas encore quelle préparation a été faite et si des textes sont en préparation. Pour éviter de reproduire ce qui s’est passé la dernière fois (aucune résolution majoritaire globale excepté quelques motions thématiques), nous souhaiterions qu’une préparation collective en amont de textes soit faite en privilégiant les amendements pour les points de désaccords. Les amendements rendraient plus lisibles les débats, et un texte commun majoritaire pourrait donner une dynamique dont le secteur jeune a besoin avant d’aborder la campagne Poutou.

En ce sens les camarades de la plateforme A qui sont majoritaires (contrairement au CPN) ont un grand rôle à jouer et doivent prendre leurs responsabilités pour faire émerger une véritable direction et éviter la balkanisation du secteur jeune qui nous affaiblit considérablement (et qui en plus se répercute sur le reste du parti). Nous pourrions ainsi démontrer aux militant.e.s du reste du parti qu’il est possible de se parler, de débattre, de cerner ses points d’accords et de désaccords et d’en dégager des positions communes afin de voter et d’agir ensemble (ce que n’ont malheureusement pas réussi à faire les camarades de la PfA au dernier CPN).

 

Continuer à nous développer sur les réseaux sociaux:

-Nous devons développer notre action sur les réseaux sociaux. La production d’événements, d’articles mais aussi de videos et de photos d’actualité doit se poursuivre et s’amplifier aussi bien sur la page NPA jeune que sur les pages des comités locaux. C’est l’affaire de chaque militant.e et de chaque comité que de relayer les différents post sur ses pages. Après avoir jeté un rapide coup d’oeil, un grand nombre de militant.e.s n’a même pas encore « liker » les principales pages de notre parti. Nous nous permettons de mettre ces pages ici et nous encourageons chaque personne à envoyer un mail sur la liste de son comité en mettant ces pages en lien et en demandant aux militant.e.s de « liker » (et si tu lis ces lignes, sens-toi concerné.e et va vérifier que toi aussi tu as bien « liker »!)

groupe NPA jeune: https://www.facebook.com/groups/731068850257078/

page NPA jeune: https://www.facebook.com/jeunesNPA/

npa officiel: https://www.facebook.com/npa2009/

l’anticapitaliste: https://www.facebook.com/anticapitaliste.presse/

philippe poutou page: https://www.facebook.com/poutou.philippe/

poutou 2017 (groupe): https://www.facebook.com/groups/159419570795330/

besancenot: https://www.facebook.com/OlBesancenot/

poupin: https://www.facebook.com/christine.poupin

armelle pertus: https://www.facebook.com/armellepertus/

npa paris: https://www.facebook.com/NPA-Paris-310741252386513/

 

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