Pour une orientation écologique communiste et révolutionnaire de la PfA et du NPA

Cette contribution pour le bulletin de la PfA d’août 2016 s’inscrit aussi bien dans le thème sur l’orientation du NPA et de la PfA que dans celui sur la présidentielle du NPA.

G (P1, CCR), J (Nanterre ville, TC), K (Jussieu, CCR), L (ENS), S (Jussieu)

 

Nous ne devons pas faire l’impasse sur la question écologique

 

A la réunion nationale de la PfA quelqu’un a évoqué l’écologie et il s’en est suivi un petit rire entendu dans la salle comme si il allait de soit que cette question était secondaire ou inintéressante en opposant ainsi les vrais sujets militants que seraient la lutte des classes aux autres dont ferait partie l’écologie. Pourtant la crise écologique très largement reconnue est un des nouveaux défis majeurs auquel notre société fait face et nous devons nous emparer de ce sujet. Nous ne devons pas laisser ces questions à ceux et celles qui défendent le système via des notions comme le « capitalisme vert » ni même à des courants de gauche ou réformistes bien-pensant  ayant pour seul objectif le « développement durable » qui n’est en dernière instance que du capitalisme vert. Les autres plateformes du NPA qui ont plus intégré cette question à leur orientation auraient raison de nous reprocher de la négliger. Nous allons voir en quoi la PfA doit s’en saisir et en quoi nous pouvons améliorer la manière dont elle est actuellement traitée au NPA.

 

Un vecteur de politisation important

C’est un thème qui sensibilise énormément de personnes et c’est un biais de politisation très important. Nous ne pouvons rester en marge de ça car cela permet d’intervenir dans des milieux dans lesquels il est facile de convaincre de la nécessité d’être anticapitaliste. De plus les militant.e.s écologistes qui se disent déjà anticapitalistes sont souvent en manque de réponses stratégiques aux questions qu’ils se posent pour changer la société et résoudre les problèmes écologiques. Nous pouvons donc facilement avancer sur ce terrain-là pour convaincre de nombreuses personnes de notre stratégie révolutionnaire et de notre projet de société communiste.

 

Quels liens avec l’anticapitalisme, notre projet de société et notre stratégie ?

La crise écologique est intrinsèquement liée à la production quantitativement et qualitativement. Ce sont les entreprises et non les consommateurs qui polluent le plus et surtout qui décident quoi produire. Le mode de production capitaliste est productiviste et guidé uniquement par la rentabilité et non par les besoins sociaux et écologiques de la population. Le marché étant ce qu’il est, il appelle à accroître indéfiniment la production indépendamment des secteurs concernés en privilégiant systématiquement la rentabilité sur les besoins sociaux et environnementaux. Le capitalisme vert n’est donc pas une solution. Cela nous permet d’expliquer facilement en quoi les solutions individuelles ne sont pas suffisantes et d’aborder ce que serait le mode de production communiste en parlant de planification. En effet la planification, c’est déterminer la production en fonction des besoins collectifs dont font partie les questions écologiques ! Cette manière d’organiser la production est une des principales caractéristiques du système que nous voulons et offre une solution aux problèmes écologiques.

Si l’écologie nous permet de parler de notre projet de société, cet angle nous permet aussi de discuter de notre stratégie pour la changer. En effet le cœur du système capitaliste réside dans les rapports de production dont découlent les problèmes écologiques et non dans la consommation. C’est dans ces rapports que se trouvent à la fois l’exploitation des travailleurs/ses mais aussi le rapport de force qui peut permettre le changement de société que nous voulons. C’est pour ça que notre stratégie révolutionnaire passe par la grève et non le boycott et permet de poser les questions écologiques.

 

Ecologie et internationalisme

Dans le cadre de l’urgence climatique nous voyons dans le socialisme la condition d’une vision non court-termiste, qui est inévitablement celle du capitalisme (recherche immédiate de profit). Mais au-delà de cette question temporelle il faut ajouter celle géopolitique. Les milieux écologistes ont déjà soulevé une question d’importance : celle de la justice climatique, et des désastres écologiques et humains dans les pays du tiers-monde exploités par le nord. Non seulement à cause des conséquences climatiques dont ils souffrent en premier, mais aussi autour de la question de la répartition des ressources et de leurs exploitations (pétrole, minerais rares…) au détriment des populations locales (question aussi en lien avec celle du colonialisme évidemment). Des rapports montrent que si tous les habitant.e.s du monde consommaient autant qu’un.e américain.e, les ressources de pétrole connues seraient épuisées en quelques semaines. Les questions écologiques et l’internationalisme sont donc fortement liées. On se rend compte alors qu’un socialisme internationaliste doit nécessairement être non-productiviste, notre société productiviste étant intrinsèquement basée sur l’exploitation des pays pauvres par les pays riches.

 

Affirmer notre profil communiste révolutionnaire en traitant des questions écologiques

Jusqu’ici le NPA a un profil écolo anticapitaliste et traite bien mieux ces questions que LO ou le PC par exemple. Le NPA met en effet avant la transition vers des énergies renouvelables, par un service public de l’énergie. Quant au PG, il revendique aussi un service public de l’énergie, et va jusqu’à parler de « planification écologique ». Nous devrions expliquer qu’il faut aussi exproprier les grands moyens de production et de transport, pour les réorganiser de façon moins polluante, sans quoi il n’y a pas de réelle planification. Ces questions apparaissent malheureusement dans nos interventions publiques comme une corde de plus à notre arc anticapitaliste sans que nous ne l’articulions comme nous l’avons vu à notre stratégie révolutionnaire pour changer la société et à la question de la planification qui nous permettrait d’avancer en positif notre projet de société. Si la PfA a un grand retard sur la question elle peut contribuer à apporter et à améliorer les positions du NPA et nos interventions sur la question.

 

Ne pas se contenter de dire que tout se réglera automatiquement sous le communisme !

Tout comme les thématiques féministes ou LGBT, nous ne devons pas attendre les lendemains qui chantent pour discuter d’écologie ni penser qu’après la révolution ces questions se règleront magiquement toutes seules. En effet il va de soi qu’il ne suffit pas de socialiser les moyens de production pour que tout ces problèmes se résolvent. Dans le cadre d’une planification il faudra ré-orienter la production pour satisfaire les besoins sociaux et environnementaux. Nous devons donc articuler revendications immédiates et transitoires sur les questions écologiques pour ne pas laisser le monopole de ces questions aux partis bourgeois ou réformistes. Nous devons ainsi nous en emparer, les inclure à notre programme et l’articuler à notre stratégie révolutionnaire pour le communisme. Nous devons faire en sorte que notre intervention et la campagne présidentielle reflète clairement cette articulation-là.

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