Pour l’élaboration d’un programme de transition au sein de la Plateforme A

Ce texte est une contribution pour le bulletin de la PfA d’août 2016. Il s’inscrit aussi bien dans le thème sur l’orientation du NPA et de la PfA que dans celui sur la présidentielle du NPA.

P (ENS), L (ENS), S (Jussieu), A (ENS/Paris 1), R (ENS), F(ENS), A, A (ENS)

 

L’exigence d’un programme de transition

 

En tant que parti anticapitaliste et révolutionnaire, le NPA ne peut pas se contenter de proposer un « programme d’urgence » visant à faire valoir les droits des travailleurs/ses contre les offensives libérales, mais doit assumer son projet de construction d’une société communiste, organisée par les travailleurs/ses eux/elles-mêmes pour la satisfaction de leurs besoins via la socialisation des moyens de production. Bien sûr, le NPA n’a jamais véritablement renoncé à cet objectif : mais celui-ci a incontestablement été relégué à l’arrière-plan du discours public que tiennent nos porte-paroles, comme prolongement à peine avoué des mesures anti-libérales et anti-austérité qui sont les seules à être vraiment mises en avant. La socialisation planifiée et auto-organisée de la production ne peut pas être seulement évoquée comme un horizon extrêmement indéterminé – tant dans ses fins que dans ses moyens – en marge des réformes d’urgence qui constituent aujourd’hui le seul programme existant du NPA. Il ne s’agit pas seulement là d’un accommodement stratégique ruineux – il faut bien constater, ne serait-ce que du point de vue des derniers résultats électoraux, que le discours du NPA n’est pas plus « audible » depuis qu’il cesse de mettre en avant ces objectifs par peur de paraître trop « utopique », et ce n’est de toute façon pas une ligne acceptable que de renoncer pour des raisons tactiques à défendre sérieusement le centre même de notre projet stratégique ; c’est aussi un positionnement politique faux, dont un parti révolutionnaire devrait précisément s’employer à démontrer les insuffisances : il n’est pas vrai que des mesures favorables aux travailleurs/ses puissent constituer des solutions valables de sortie de crise, précisément parce qu’il s’agit d’une crise capitaliste, et qu’on ne rétablit pas la bonne santé de l’économie capitaliste par la satisfaction des intérêts du camp du travail. Les mesures que propose le programme d’urgence du NPA sont pour la plupart nécessaires et légitimes : mais elles n’ont de sens qu’à l’intérieur d’un véritable projet de transition vers le socialisme, tant il est vrai que des mesures favorables aux travailleurs/ses ne peuvent que mettre en crise une économie organisée autour de la recherche du profit et non autour de la satisfaction des besoins. En un mot, le NPA ne peut pas faire l’économie d’un véritable programme de transition, qui non seulement revendique ouvertement le communisme comme son objectif stratégique, mais qui s’efforce d’en déterminer de façon précise et sérieuse les moyens de mise en oeuvre, depuis les conditions de la prise du pouvoir jusqu’aux différentes mesures que ce dernier devra prendre progressivement.

 

 

La PfA doit se doter d’une véritable structure pour la rédaction de ce programme

 

            Ce constat est largement partagé parmi les courants, tendances et individus qui participent à la Plateforme A. La conviction que le NPA doit proposer un tel programme est même constitutive de la Plateforme A et représente l’un des principaux fondements de son unité. En un mot, c’est de nous et de personne d’autre que peut venir ce programme. Et il faut même rajouter : il ne peut venir que de nous ensemble, car c’est seulement en tant que PfA, et non en tant que tendance isolée, que nous parviendrons à faire de ce programme celui du NPA. Cependant, force est de constater que les réunions se suivent et se ressemblent, où tout le monde s’accorde à réaffirmer la nécessité de produire un programme de transition explicitement communiste afin de refonder le NPA selon une orientation stratégique révolutionnaire clairement délimitée, mais où aucun travail concret n’est finalement engagé en ce sens. Pourquoi ? D’abord parce que la PfA ne dispose d’aucune structure au sein de laquelle l’effort de longue haleine que représente la rédaction d’un authentique programme de transition puisse être sérieusement conduit. C’est pourquoi nous proposons que la PfA se dote d’une nouvelle structure entièrement dédiée à la rédaction de ce programme, ouverte aux représentant-e-s des différentes tendances et à tous les militant-e-s individuels de la PfA qui souhaitent s’impliquer dans la construction d’une nouvelle orientation pour le parti, sur le mode de réunions régulières prévues selon un agenda déterminé à l’avance, où l’on tenterait à chaque séance de produire, par la confrontation des différentes sensibilités et la rédaction par amendements successifs de textes communs, un consensus sur un point programmatique précis (les modalités de la prise révolutionnaire du pouvoir, la socialisation progressive de la production, le rapport à l’U.E. et les modalités concrètes d’une politique internationaliste, le féminisme, l’écologie, etc.).

 

 

Malgré nos différences, produire un programme commun est possible

 

Il nous semble que procéder ainsi, à partir de réunions qui se donnent d’emblée l’objectif positif de produire en commun du contenu concret sur un point précis, permettra d’instituer un cadre où le débat entre tendances ne sera plus orienté dans une logique de légitimation de soi et de fixation d’une identité propre et distincte de toutes les autres, mais à l’inverse dans une logique de construction collective d’une orientation commune. En un mot, il ne s’agirait plus de partir de différences théorisées par avance en sorte de fermer d’emblée l’horizon d’un consensus, mais à l’inverse de partir chaque fois de l’horizon d’un consensus pour ouvrir le débat. Evidemment, il serait illusoire de croire que tous les désaccords disparaitront. Mais l’élaboration d’un programme commun tel qu’il formulerait une orientation stratégique clairement délimitée n’implique en aucun cas un consensus intégral de toutes les parties sur tous les sujets. On peut par exemple être en désaccord sur certains aspects de l’analyse de la mobilisation contre la loi Travail mais se retrouver sur une orientation stratégique révolutionnaire générale. Si des différences entre tendances existent bel et bien, il faut prendre garde à ne pas les considérer d’emblée, avant même tout effort commun, comme insurmontables. Il s’agit de prendre ensemble la direction du parti pour proposer au NPA une nouvelle ligne explicitement révolutionnaire et communiste, et en aucun cas de supprimer tout débat une fois cette direction gagnée. Nous avons bien conscience de l’importance de l’effort qu’exige, tant du point de vue strictement organisationnel (réunions régulières, etc.) que politique (dépassement des crispations entre tendances, etc.), la rédaction d’un programme de transition commun : mais c’est notre responsabilité, en tant que nous prétendons devenir la nouvelle majorité du parti, de nous y employer. Il est temps de cesser de répéter les mêmes discussions réflexives sur ce que la PfA doit faire au sein du NPA : faisons-le en acte.

 

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